Pic: prise sur google ; modifier par moi
Je n'avais plus qu'une envie, sautée en bas de la voiture. Je n'arrivais toujours pas à comprendre la suite d'événements qui m'avait conduite jusqu'ici. Pourtant, j'étais là.
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Je vivais à Nashville depuis ma naissance et j'avais toujours vécu dans une forme de luxe, bref, j'étais une gosse de riches, groupe social auquel je croyais appartenir autrefois. Je menais une vie parfaite, sans anicroche. Je sortais avec le garçon le plus populaire de mon école qui était âgé d'un an de plus que moi. C'était le parfait joueur de football, avec les cheveux bruns, la gueule d'ange, les yeux bleus et le grain de beauté divinement posé sur le recoin gauche de sa bouche. J'en bavais toujours. J'avais mes amis attitrés, je faisais partie du groupe le plus important de mon école. J'avais tout ce que je désirais : vêtements griffés, voiture, argent, popularité et pouvoir.
Vous voyez le genre de fille... et bien c'était pire.
Je ne m'étais jamais posé de question sur la manière dont mon père gagnait autant d'argent. Je me disais qu'être un avocat devait être très payant. Ma mère avait cessé de travailler et passaient ces journées chez la coiffeuse ou au salon de bronzage, donc je me disais que si elle ne se demandait pas la nature de l'argent qui nous brûlait les doigts, je devais faire de même.
Je me souviens de cela comme si tout s'était passé hier. On m'appelait pendant mon cours d'histoire. Je marchais normalement, saluant mes amis qui traînaient dans les couloirs et j'allais jusqu'au secrétariat où on m'avait demandée. C'est alors que deux policiers en uniformes m'interceptèrent. Pendant un bref moment, je crus qu'on avait trouvé de la drogue dans mon casier. J'aurais tant voulu après avoir appris ce qui s'est passé.
— Allie Sander, c'est bien ça ? me demanda un policier à la peau foncée et au crâne dégarni.
— Euh... oui, c'est moi, répondis-je de plus en plus inquiète.
— Vos parents ont été arrêtés, ils sont au poste sous interrogatoire.
Je pensais que ce genre de truc ne se passait que dans les films, erreur monumentale.
— Quoi ? Mais de quoi sont-ils responsables ? M'énervais-je.
— Veuillez, nous suivre nous vous expliquerons, tout en route.
Les deux policiers m'escortèrent jusqu'à la voiture de patrouille stationnée devant les grandes portes vitrées du secrétariat. Un coup d'½il en arrière et je m'aperçus que tout le personnel de l'école était sorti pour me regarder ainsi que quelques élèves ayant été expulsés. Je m'éloignais, gagnée de plus en plus par la honte, toute l'école allait savoir cela demain.
Mon père avait cherché à s'enrichir encore plus, le métier d'avocat n'était pas assez payant à son goût. Il avait trempé dans des affaires de drogue et s'était fait pincé. En effet, il était sous surveillance depuis déjà quelques semaines. Les services judiciaires avaient écouté les appels téléphoniques de mon père et l'avaient suivi lors de ses déplacements. Tout cela pour quoi ? Pour découvrir que mon géniteur avait investi l'argent de ses clients sans qu'eux-mêmes ne le sachent. Résultat : Nous étions endettés de plusieurs centaines de milliers de dollars.
Après une nuit d'interrogatoire, mon expiation fut terminée, ma mère avait été disculpée et mon père avait été condamné à la prison pour une durée encore indéterminée.
Déjà cela, c'en était trop pour moi. Il fallait en plus que nous vendions notre grosse baraque pour emménager dans un logement tout décrépit, payé par le gouvernement. Je détestais mon père et ma mère partageait ce sentiment. Après quelques semaines à affronter la dure réalité, ma mère et moi décidâmes de mettre les pendules à l'heure avec celui que j'appelais mon père. Nous allâmes à la prison avec la ferme intention de ne plus jamais y mettre les pieds. Du moins, pas pour lui. Je restais restée cachée à écouter la discussion que ma mère avait avec mon père. Je n'aurais jamais dû faire ça. Je le regrette encore aujourd'hui.
— Je ne veux plus jamais te revoir, t'entends ? Ragea-t-elle.
— Chérie, tout ce que j'ai fait c'est pour vous, lança-t-il en pleurant.
— Ça n'a pas aidé, s'insurgea-t-elle. Et là, je fais quoi moi ? Pas d'argent avec Allie. Tu nous as abandonnés salaud, ta fille et moi.
— Nicky, l'implora-t-il.
— Tu n'existes plus pour moi.
Il prit une grande inspiration.
— Je veux parler à Allie. Où est-elle ?
Il criait mon prénom, résonnant dans les couloirs vides du poste de police. Je m'avançais lentement pour m'asseoir devant la vitre qui nous séparait. Ma mère quitta l'établissement en me disant qu'elle m'attendait dans la voiture. Elle en avait fini, de lui... restait plus que moi.
— Ma puce, tu sais toi que c'était pour ton bien que papa a fait ça, hein ?
Il essayait de m'amadouer.
— Pour mon bien !!! Je suis devenue la bête noire de mon école. On est pauvre papa.
— Je suis si désolé ma belle.
— C'est avant que tu aurais dû l'être t'aurais pu penser à nous, à notre sécurité.
— Pardonne-moi !
À mon tour de prendre une grosse expiration. Ce que j'allais lui dire n'allait pas être facile.
— Tu es mort pour moi, terminais-je.
Je me levais pour partir et là, il dérapa. Il tapait sur la vitre et me criait dessus. Il m'implorait de rester et de lui pardonner. Je quittai sans me retourner.
C'est le lendemain que je réalisais la portée de mes mots « Tu es mort pour moi ! » Ma mère entra dans ma chambre en sanglots et se coucha sur mes cuisses. Je déposai le livre que je lisais sur la table de chevet.
— Quoi ?
— C'est ton père, il... il, elle recommença à pleurer, mais se reprit aussitôt.
Il s'est pendu cette nuit.J'étais sous le choc, je caressais nerveusement les cheveux de ma mère. Elle pleurait toujours, mais moi j'étais incapable de faire quoi que ce soit. Après de longues minutes de silence, je me levai pour aller me chercher un verre d'eau. Je sentais les yeux de ma mère vriller dans mon dos, tandis que je me dirigeais à la cuisine. J'avais terriblement besoin de boire, je voulais dire quelque chose, n'importe quoi, mais l'émotion avait asséché ma gorge.
Je ne sus pas comment j'avais fait cela, mais le verre se brisa entre mes doigts. Ma main saignait, mais curieusement je n'avais pas mal, c'était mon c½ur qui était blessé.
— Que se passe-t-il ? Demanda ma mère accourant à la cuisine.
— Rien. Je suis trop fâchée et j'ai passé mes nerfs sur ce verre.
— Tu saignes !
Elle passa ma main à l'eau et je commençai à pleurer.
À l'école, c'était l'enfer. Tous les élèves avaient appris la grande nouvelle.
Le père d'Allie avait été impliqué pour trafique de drogue et maintenant elle et sa mère était pauvres. Son père était en prison, mais il s'est pendu.
Ça faisait la une des journaux.
J'avais perdu tous mes amis. Moi qui pensais qu'ils m'épauleraient, que c'était à la vie à la mort entre nous, sur ce coup-là, j'avais eu tort. En plus mon petit ami, était de plus en plus distant avec moi, sous peine d'être lui aussi la cible des moqueries sur moi. Les étudiants regardaient ma main qui était enrubannée dans un pansement, je savais ce qu'ils se disaient « Elle a fait une tentative de suicide, mais elle s'est ratée, elle n'est même pas capable de s'ouvrir les veines ! » Ce n'était pas l'envie qui me manquait, je dois, avouer, mais je devais rester en vie pour ma mère, car si je tombais, elle allait me suivre. J'arrivais à ma case pour prendre mes choses pour le premier cours du matin et sur celle-ci il y avait un mot.
« Nous deux, c'est fini. »
À ce moment-là, tout chamboula. Tous les élèves riaient autour de moi, tandis que je pleurais. La pièce semblait tourner et tout devint flou. Des étudiants me lançaient des répliques sanglantes, mais je ne les écoutais pas. Tout ce que je voyais c'était mon ex-petit ami, embrasser ma meilleure amie à l'autre bout du couloir.
Je sombrais encore plus dans la dépression. Ma mère ne savait plus quoi faire pour me redonner le sourire et elle désespérait. J'étais devenue un zombie. Je me levais péniblement de mon lit le matin, allais en cours et revenais le soir pour m'y recoucher. J'avais acquis cette routine depuis plusieurs semaines déjà lorsqu'on m'appela dans mon cours de math.
Je fuyais déjà le secrétariat. La dernière fois que j'y avais été, ma vie avait été gâchée. Et à ce moment-là, j'eus un mauvais pressentiment. Mes craintes s'affirmèrent, lorsque je vue ma mère en sanglots, escortée par trois hommes et une femme. On m'invita à m'asseoir.
— Allie, nous sommes désolés de t'infliger cela, mais ta mère ne peut plus prendre soin de toi. Elle n'a plus les moyens pour te faire vivre et elle est désespérée face à ton malheur, me dit une femme en tailleur gris.
— Désolée chérie, dit-elle entre deux sanglots.
— Je ne comprends pas ?
— Nous allons prendre soin de toi et te trouver une nouvelle famille. Tu auras la chance de vivre une nouvelle vie.
Je n'arrivais pas à comprendre l'absurdité de ce que la femme venait de me dire. Quelle chance ?
— Tu... tu m'abandonnes, dis-je à ma mère la voix tremblotante.
— Je veux que tu sois heureuse.
— Heureuse ?!?Je me levai et tentai de m'enfuir, mais un des trois hommes, certainement celui qui était assis à côté de la porte, me rattrapa. Trop vite, les deux autres types se levèrent pour m'immobiliser.
— Je ne veux pas ! Je ne veux pas être orpheline. Maman, je ferais tout ce que tu veux, mais ne me quitte pas. Je vais travailler, vendre toutes mes choses. Je t'en supplie, je t'aime moi ! Criais-je.
— Je t'aime aussi, mais ma décision est prise. Je ne veux que ton bonheur.
— Non ! Hurlais-je.
Je me débattais comme une forcenée. On fit sortir ma mère de la pièce. C'était la dernière fois que je la voyais. Elle ne se retourna même pas une ultime fois pour me regarder ou me dire un, je t'aime, malgré mes supplications. Je sus à ce moment-là, qu'elle ne m'aimait pas, qu'elle m'avait déjà oubliée. Ensuite, on me fit monter de force dans une camionnette.
Je savais pertinemment où cette fichue fourgonnette m'emmenait. J'avais déjà vu quelques personnes ayant mon âge qui venait de l'orphelinat. Certains, d'entre eux, avaient la permission de fréquenter mon école. Ils faisaient tous peurs, avec leurs vieux vêtements et leurs odeurs infectes, mes amis et moi prenions un malin plaisir à les rabaisser. Maintenant, j'éprouvais de la pitié pour eux et j'espérais qu'ils comprendraient ma douleur.
Cela faisait trois mois que j'étais là-bas. Trois longs et interminables mois. J'avais clairement montré à tout le monde de cet orphelinat maudit, que je ne voulais pas de leur aide, que tout ce que je voulais c'était trois repas par jour et la paix. Personne ne me parlait et c'était tant mieux. On me jugeait comme étant une folle, rôle que je m'attribuais moi-même. Je n'avais plus aucun espoir de sortir de cette prison avant mes dix-huit ans.
-oOo-
— Tu vas voir, les Marshall sont très sympas.
— ...
— Allie, j'ai fait de mon mieux pour te trouver la meilleure famille qui soit. Ne fais pas la gamine, s'offusqua mon agente sociale.
— Tout ce que je veux c'est retourné cinq mois en arrière.
— Mais ça ne se réalisera pas. Une nouvelle vie s'offre à toi, saisie, là !
J'abaissais le bouton qui déverrouillait ma portière.
— Qu'est-ce que tu fais ? Me demanda Debbie, ma machiavélique « gardienne » comme je m'amusais souvent à la nommée.
— Tu sais, tu as peut-être fait des études dans la psychologie et tout, mais en ce moment tout ce que tu me donnes envie, c'est de sauter en bas de la voiture.
— Allie !
— Ne prétends pas me connaître, dis-je en retournant à la contemplation du paysage automnale.
Après un moment en silence, elle se gara devant une maison de riche. Pff ! J'avais déjà vu mieux (comme ma maison d'antan par exemple.) C'était une maison très ancienne en bois blanc munie d'un immense porche. Le genre de grosse demeure ancienne qui abrite une famille qui va tellement m'éc½urer avec leurs bonnes manières. J'en frissonnais déjà.
— Tu viens, Allie? Me demanda Debbie qui était déjà sortie de la voiture.
— Non, je préfère attendre ici, mais vas-y et prend ton temps surtout, dis-je jouant les indifférentes.
— Sors tout de suite de cette voiture, ils t'attendent, me dit mon assistante sociale en ouvrant ma portière.
— Je m'en fou, ce n'est pas ma famille.
Elle me prit par la main et m'extirpa de l'auto avec force, tellement que je m'en étonnais vu sa taille menue. Je ne bronchais pas, car je ne voulais pas paraître encore plus pour une folle devant ma nouvelle «famille».
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Premier chapitre d'une longue série. J'espère que ça vous a plût et qu'il vous a mis l'eau à la bouche. Si vous pouviez laisser votre avis ça me ferait plaisir.
**Regardez la traduction de la chanson que je vous ais mise en début de chapitre...